ÉDITO DE LA SEMAINE DU 13 AU 19 AOUT

ÉDITO

« Je pense que je dois avoir la même liberté qu’un écrivain, qui, quand il écrit, ne sedemande pas combien de pages doit avoir son roman. Ce ne sont que des soucis commerciaux qui cantonnent les metteurs en scène dans des films de quatre-vingt-dix minutes. Je n’ai jamais pensé à ce genre de choses et on s’est lancé dans l’aventure ».
Nuri Bilge Ceylan

Pour une deuxième semaine, nous vous proposons, la splendide palme d’or 2014, Winter Sleep de Nuri Bilge Ceylan. Aydin, un ancien comédien à la retraite se retire en Anatolie pour écrire une histoire du théâtre turc. Il vit avec sa sœur et sa jeune épouse. Tourné dans les splendides paysages de la Cappadoce en hiver, ce drame, inspiré des écrits de Tchekov, nous conte les blessures d’orgueil, les rancœurs et les sentiments qui animent les personnages.
Autre film à l’affiche cette semaine, Maestro de Léa Fazer. Cette comédie drôle et émouvante est aussi une histoire de changement de point de vue. Henri, jeune acteur qui rêve de tourner dans des films d’action américains, se retrouve engagé par Cédric Rovère, avatar d ‘Eric Rohmer, pour jouer dans un film d’auteur tourné avec peu de moyens et dans lequel les dialogues, les rencontres amoureuses sont particulièrement importants .
Enfin, pour ceux qui ne l’auraient pas vu en juillet, une reprise, « Jimmy’s hall », de Ken loach, nous plonge dans une Irlande rurale à peine sortie de la guerre civile. Jimmy Gralton, de retour d’exil des États-Unis, rouvre son «hall », véritable lieu d’éducation populaire où parents et jeunes apprennent la danse, la musique ou encore le dessin. Mais l’ Église n’apprécie pas. Le face à face mouvementé qui s’ensuit est magistralement filmé.

Que le cinéma vous mette en joie
Frédérique

ÉDITO DE LA SEMAINE DU 30 JUILLET AU 5 AOUT

« En me focalisant sur ces « invisibles » d’aussi près, je crois que je rends leur vie plus grande. Je recherche cet effet grossissant pour que tout le monde puisse les voir. Je crois aussi que leurs sentiments ressortent à l’écran ».

Wang Bing

Cette semaine, nous vous proposons deux nouveaux films à l’affiche.

« Les trois sœurs du Yunnam », de Wang Bing, est un documentaire chinois sur trois sœurs de 10 ans, 6 ans et 4 ans qui vivent à 3200 mètres d’altitude, dans des conditions extrêmement précaires, au milieu des éleveurs du sud-ouest de l’Empire du Milieu. Leur père travaille en ville, la maman a disparu. C’est l’histoire d’enfances chinoises, d’enfances anéanties, d’enfance-femme, de chagrins enfouis à la suite de l’abandon.

« Je voyage seule » de Maria Sole Tognazzi, nous conte l’histoire d’Irène, 40 ans, indépendante, sans enfants ni mari mais qui aime son métier. En effet, elle est « l’invitée surprise » d’hôtels de luxe. Cette cliente-mystère évalue toutes les prestations de ces lieux où la simple température du potage peut vous faire perdre une étoile. Interprété par Margherita Buy que l’on avait admirée dans Habemus Papam, ce film sur l’indépendance et la liberté met aussi en parallèle les renoncements et les frustrations que cela implique.

Enfin et toujours, le dernier film du réalisateur Richard Linklater, « Boyhhood », qui a filmé pendant douze ans les mêmes comédiens pour narrer la vie quotidienne d’un enfant, de six ans à sa majorité, ainsi que les liens qui unissent une mère et son fils. Entre les divorces, les déménagements, les remariages, les écoles, collèges ou lycées, il s’arrête sur ces petits moments apparemment insignifiants mais qui marquent, sous forme de souvenirs.<

Belles projections à tous

Frédérique

ÉDITO DE LA SEMAINE DU 23 AU 29 JUILLET

« Boyhood essaie de capturer ce moment où tu arrêtes
de penser comme tes parents où tu t’affirmes en tant qu’individu. Et, pour ça, il fallait que le monde soit en arrière-plan, la culture, la politique, les progrès technologiques… C’est un film d’époque. Mais un film d’époque au présent. »
Richard Linklater

Dans son dernier film, « Boyhood », le réalisateur Richard Linklater a filmé pendant douze ans les mêmes comédiens pour narrer la vie quotidienne d’un enfant, de six ans à sa majorité, ainsi que les liens qui unissent une mère et son fils. Entre les divorces, les déménagements, les remariages, les écoles, collèges ou lycées, il s’arrête sur ces petits moments apparemment insignifiants mais qui marquent, sous forme de souvenirs.

« Jimmy’s hall », de Ken loach, nous plonge dans une Irlande rurale à peine sortie de la guerre civile. Jimmy Gralton, de retour d’exil des États-Unis, rouvre son «hall », véritable lieu d’éducation populaire où parents et jeunes apprennent la danse, la musique ou encore le dessin. Mais l’ Église n’apprécie pas. Le face à face mouvementé qui s’ensuit est magistralement filmé.

« Les poings contre les murs », de David Mackenzie, pose une question terrible : dans ce monde carcéral de perdants où seules la violence et la rage permettent de survivre, être père a t-il encore un sens, face à ce fils délinquant venu le rejoindre dans la même prison ? Ce film est d’une rare sobriété, à ne pas manquer.

Belles projections à tous

Frédérique

Le Centre / Le Club gap