ÉDITO DE LA SEMAINE DU 3 AU 9 JUIN 2015

QUOI DE NEUF AU CENTRE

« Un peu, beaucoup, aveuglement » est une comédie pleine finesse, de charme grâce à la sincérité des acteurs qui donnent le meilleur d’eux-mêmes pour toucher le spectateur. Un conte moderne qui fait un pied de nez aux relations virtuelles d’aujourd’hui, en effet, les protagonistes ne se parlent pas via un écran d’ordinateur mais…à travers la – mince – cloison de leurs appartements. Pour un premier film, Clovis Cornillac nous livre une comédie sympathique qui fait du bien.

« La tête haute » d’Emmanuelle Bercot qui a ouvert le 68ème festival de Cannes. Est un film d’auteure française, « coup de poing » et » bouleversant » qui suit le parcours d’un enfant délinquant de 6 ans jusqu’à ses 18 ans, Rod Paradot, qu’un juge d’enfant, joué par Catherine Deneuve, et un éducateur : Benoît Magimel, vont tenter malgré lui de sauver. Une histoire intimiste, très actuelle et forte .

Bon cinéma.   Xavier pour le centre

L’ÉDITO

« L’Asile a été mon école de cinéma et la réalisation une sorte de thérapie. La création a pris chez moi la place de la folie ».

René Féret.

Une fois n’est pas coutume de rendre hommage au Club à un auteur réalisateur disparu. C’est le dernier film de René Ferret décédé au mois d’avril, « Anton Tchekhov 1890 » que nous vous proposons. Ce cinéaste indépendant, à l’écart des modes, filmant souvent avec peu de moyens, nous livre un biopic poignant, tourné dans des clairs-­obscurs magnifiques qui nous plonge dans l’intimité d’un médecin de campagne devenant un génie littéraire.

Toujours à l’affiche, « Trois souvenirs de ma jeunesse », le dernier film d’ Arnaud Desplechin, en compétition à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes et qui a remporté le prix SACD. Dans cette œuvre déployée sur plusieurs décennies, mélancolique, tragique et solaire, portée par des comédiens lumineux, on découvre l’histoire de Paul Dédalus. Adulte, il revient du Tadjikistan et est arrêté par la police. Il se souvient… L’ enfance, entre une mère folle et incohérente qui meurt rapidement et un père incapable d’exprimer la moindre émotion… L’adolescence, à Roubaix, au lycée Baudelaire, une bande de potes, des cousins, les échanges entre filles et garçons, le judaïsme fantasmé…Un jeune homme, étudiant à Paris…

Le dernier long métrage de Stéphane Brizé, « La Loi du Marché », avec un Vincent Lindon époustouflant qui vient de remporter le prix d’interprétation masculine lors du dernier festival de Cannes. Sur fond de mondialisation et de délocalisation, le réalisateur nous transporte dans une histoire politique et engagée dans laquelle un homme consciencieux au travail est mis en situation de précarité quand la violence des rapports sociaux règne dans l’entreprise. Il se retrouve face à un dilemme : peut­on tout accepter pour garder son travail ?

Belles projections à tous,  Frédérique pour le Club

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