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ÉDITO DE LA SEMAINE DU 7 AU 13 JANVIER

Un jour, un homme religieux, profondément attaché au guide suprême
et au président Ahmadinejad me demanda : « Au fond, qu’est­ce que tu reproches à la République Islamique ? » Je lui ai répondu : « je lui reproche de me faire constamment sentir que je ne suis pas chez moi. Vous les religieux, on dirait que l’Iran vous appartient. Je voudrais que vous compreniez que moi aussi, je suis iranien. ».
Mehran Tamadon.

C’est avec trois nouveaux films que commence cette nouvelle année 2015.

« Coming Home » de Zhang Yimou (réalisateur d’ « Épouses et Concubines » et « Le Sorgho Rouge »), raconte l’histoire d’une femme qui souffre d’amnésie et ne reconnaît pas son mari qui revient après plusieurs années passées dans les prisons chinoises.
« Iranien » de Mehran Tamadon est un huis clos dans lequel l’auteur réussit sur le ton de l’humour, à réunir quatre mollahs pour débattre de la question : « comment vivre ensemble, quand on est soi même athée, dans un pays où le pouvoir est aux mains des fondamentalistes religieux » ?
« Whiplash », le très beau film musical de Damien Chazelle, quatre fois primé, dans lequel Andrew, jeune batteur prodige, rêve de devenir un grand musicien de Jazz. Il intègre, au conservatoire de Manhattan, une classe dirigée par un personnage tyrannique, cynique, despotique, mais chef d’un excellent orchestre de jazz. Ce beau film, sur la filiation et la transmission, pose une éternelle question : « les grands artistes naissent-­ils dans la souffrance et la douleur » ?
Enfin, pour ravir petits et grands, à partir de trois ans, qui attendent la neige qui hélas ne tombe pas, un ciné ­goûter :« De la Neige pour Noël » de Rasmus A. Sivertsen, un conte inspiré d’une histoire norvégienne.

Avec tous mes vœux cinématographiques pour cette nouvelle année.

ÉDITO DE LA SEMAINE DU 15 AU 21 OCTOBRE

A l’heure où l’intolérance et les discriminations battent le pavé, « Pride », cette comédie britannique de Matthew Warchus, dans la lignée de « The Full Monty » et des « Virtuoses », dévoile un événement méconnu dans l’ Angleterre du gouvernement Thatcher. En 1984, un groupe d’activistes gays et lesbiens se sont engagés auprès des mineurs en grève . Lauréat de la Queer Palm (prix qui récompense au festival de Cannes un film pour son traitement des thématiques alter­sexuelles), « Pride » s’intéresse plus à l’évolution des mentalités qu’aux luttes sociales dans cette période noire et conservatrice qui a vu poindre en toile de fond la naissance du sida.

Toujours à l’affiche cette semaine, « Mommy », le dernier film de Xavier Dolan, prix du jury au festival de Cannes, raconte l’histoire d’un adolescent écorché vif, souffrant d’un trouble de l’attention avec hyperactivité. Exclu de l’internat dans lequel il était hébergé, après avoir provoqué un incendie et blessé un camarade, il rentre chez sa mère, Diane, veuve et vivant seule dans un nouvel appartement. Impulsif et imprévisible, les retrouvailles avec sa mère s’avèrent difficiles, violentes, passionnées, électriques. Kilia, l’étrange voisine bègue d’en face, s’immisce peu à peu dans leur vie. Ces trois personnages, brisés, cabossés vont peu à peu apprendre à vivre ensemble. Et pourtant, ce film qui interroge sur une société qui marginalise tout ce qui dérange, pose une autre question : « est­ce parce que l’on aime que l’on peut sauver » ? Répondrons­nous alors comme Diane dans le film, « les sceptiques seront confondus » ?

« Shirley, Visions of Reality » Il fallait beaucoup de courage pour faire un film sur l’univers pictural d’ Edward Hopper. En relatant treize histoires à partir de treize toiles du peintre, Gustav Deutsch, signe un film étonnant, dans lequel, le personnage de Shirley, inspiré de la femme du peintre, évolue dans l’atmosphère des tableaux de ce dernier, avec en arrière-­plan, l’histoire des États­Unis des années 30 aux années 60.

« Leviathan », d’ Andrei Zviaguinstev, nous parle d’un homme qui tente de s’opposer aux pouvoirs. Dans une Russie où le système politique et l’Église sont gangrenés par la corruption, où la population semble résignée, la résistance de cet homme prend une dimension mythologique qui l’amènera à perdre ses amis et son amour.

Que le cinéma vous mette en joie !
Frédérique