EDITO DE LA SEMAINE DU 7 AU 13 SEPTEMBRE

QUOI DE NEUF AU CENTRE

Le film « Stefan Zweig, adieu l’Europe «  de Maria Shrada contient dans son titre, la raison de l’errance et de l’exil de Stefan Sweig. En effet cet écrivain autrichien, était un précurseur convaincu d’une Europe unie et pacifique. L’arrivée au pouvoir d’Hitler le fait fuir en Amérique. « La guerre le ronge de l’intérieur », il se prête aux réceptions qu’on lui prépare pour honorer son talent d’écrivain, mais il se détache peu à peu, dépressif, rongé par une force tragique. Le film, entre biographie et chaos du 20ème siècle dans les années 1936 – 1942, met en scène son déracinement, son silence désengagé. Il nous donne vraiment envie ensuite de relire son oeuvre.

Raconter les déchirements d’un couple qui se sépare, rendre compte de la douleur, des mesquineries, des bagarres, des mots, alors qu’il y aura à partager des biens et des enfants, on l’a déjà fait. Il y avait donc un défi à relever, celui qui consiste à apporter de la nouveauté dans un genre que de nombreux grands auteurs ont exploré. Eh bien, Joachim Lafosse relève ce défi de manière particulièrement brillante dans « L’économie du couple ».

Disney remet au goût du jour « Peter et Elliott le Dragon » (de David Lowery dans sa version 2016) avec une histoire différente et passionnante, sur un ton toujours aussi léger, dans une atmosphère simple, moderne et très sobre…

« L’Âge De Glace, les lois de l’univers » de Mike Thurmeier et Galen T. Chu, signe, quatre ans après la sortie de L’Âge De Glace 4 : La Dérive Des Continents, le retour de Scrat, Sid, Manny, Diégo et tout le reste de la joyeuse bande délurée des épisodes précédents.

Bon cinéma, Xavier

EDITO

« Regarder ce trajet, c’est s’interroger sur le personnage,
comprendre son cheminement. Au départ, Anna fait un peu du sur place, elle n’arrête pas de tourner en rond dans cette petite ville. Pour ensuite aborder le grand voyage qui l’amène en France et lui fait traverser les apparences… » François Ozon.

Mélo ou conte cruel, Ozon dans son dernier film, « Frantz », revisite les thèmes qui lui sont chers, le deuil, l’absence, le remplacement et l’initiation à l’amour. Au lendemain de la première guerre mondiale, l’Allemagne panse ses blessures et s’achemine vers le nazisme. Anna se recueille sur la tombe de Frantz, son fiancé mort au champ d’honneur. Elle y rencontre Adrien, un français qui se présente comme son ami. Entre mensonge et culpabilité, une relation étrange et équivoque se noue alors entre ces deux personnages.

Tourné à La Havane dans un quartier populaire, loin des clichés touristiques, « Viva », de Paddy Breathnach, est un mélo émouvant, naturaliste, sur un jeune cubain qui rêve de monter sur scène. Travaillant pour survivre dans un cabaret où il s’occupe des perruques des drag-queens, il trouve difficilement son identité. Porté par un interprète exceptionnel, Jorge Perugorria, rythmé par des chansons qui célèbrent nos joies et nos peines, ce film sur l’amour filial nous a fait particulièrement vibrer par son aspect authentique.

Cinéaste hors norme, Alain Guiraudie nous mène dans les pas d’un scénariste en crise d’inspiration. Rencontrant sur un causse une jeune bergère, ils ont un enfant qu’il finit par élever seul alors qu’il est sans domicile fixe. « Rester Vertical », conte, rêve, réalité, cauchemar, interroge nos peurs, la mort, la solitude, le retour du loup, la précarité, la misère sexuelle…

« Toni Erdmann », de la réalisatrice allemande Maren Ade, est un petit bijou décalé et plein d’humour qui relate les relations compliquées qu’entretiennent un père et sa fille. Winfried, retraité, espiègle, libertaire semble avoir échoué dans son désir d’inculquer ses propres valeurs à sa fille et communique difficilement avec elle. Ines, cadre supérieure ambitieuse poursuit sa carrière sans état d’âme.

Bonnes projections à tous. Frédérique