ÉDITO DE LA SEMAINE DU 30 JUILLET AU 5 AOUT

« En me focalisant sur ces « invisibles » d’aussi près, je crois que je rends leur vie plus grande. Je recherche cet effet grossissant pour que tout le monde puisse les voir. Je crois aussi que leurs sentiments ressortent à l’écran ».

Wang Bing

Cette semaine, nous vous proposons deux nouveaux films à l’affiche.

« Les trois sœurs du Yunnam », de Wang Bing, est un documentaire chinois sur trois sœurs de 10 ans, 6 ans et 4 ans qui vivent à 3200 mètres d’altitude, dans des conditions extrêmement précaires, au milieu des éleveurs du sud-ouest de l’Empire du Milieu. Leur père travaille en ville, la maman a disparu. C’est l’histoire d’enfances chinoises, d’enfances anéanties, d’enfance-femme, de chagrins enfouis à la suite de l’abandon.

« Je voyage seule » de Maria Sole Tognazzi, nous conte l’histoire d’Irène, 40 ans, indépendante, sans enfants ni mari mais qui aime son métier. En effet, elle est « l’invitée surprise » d’hôtels de luxe. Cette cliente-mystère évalue toutes les prestations de ces lieux où la simple température du potage peut vous faire perdre une étoile. Interprété par Margherita Buy que l’on avait admirée dans Habemus Papam, ce film sur l’indépendance et la liberté met aussi en parallèle les renoncements et les frustrations que cela implique.

Enfin et toujours, le dernier film du réalisateur Richard Linklater, « Boyhhood », qui a filmé pendant douze ans les mêmes comédiens pour narrer la vie quotidienne d’un enfant, de six ans à sa majorité, ainsi que les liens qui unissent une mère et son fils. Entre les divorces, les déménagements, les remariages, les écoles, collèges ou lycées, il s’arrête sur ces petits moments apparemment insignifiants mais qui marquent, sous forme de souvenirs.<

Belles projections à tous

Frédérique

ÉDITO DE LA SEMAINE DU 23 AU 29 JUILLET

« Boyhood essaie de capturer ce moment où tu arrêtes
de penser comme tes parents où tu t’affirmes en tant qu’individu. Et, pour ça, il fallait que le monde soit en arrière-plan, la culture, la politique, les progrès technologiques… C’est un film d’époque. Mais un film d’époque au présent. »
Richard Linklater

Dans son dernier film, « Boyhood », le réalisateur Richard Linklater a filmé pendant douze ans les mêmes comédiens pour narrer la vie quotidienne d’un enfant, de six ans à sa majorité, ainsi que les liens qui unissent une mère et son fils. Entre les divorces, les déménagements, les remariages, les écoles, collèges ou lycées, il s’arrête sur ces petits moments apparemment insignifiants mais qui marquent, sous forme de souvenirs.

« Jimmy’s hall », de Ken loach, nous plonge dans une Irlande rurale à peine sortie de la guerre civile. Jimmy Gralton, de retour d’exil des États-Unis, rouvre son «hall », véritable lieu d’éducation populaire où parents et jeunes apprennent la danse, la musique ou encore le dessin. Mais l’ Église n’apprécie pas. Le face à face mouvementé qui s’ensuit est magistralement filmé.

« Les poings contre les murs », de David Mackenzie, pose une question terrible : dans ce monde carcéral de perdants où seules la violence et la rage permettent de survivre, être père a t-il encore un sens, face à ce fils délinquant venu le rejoindre dans la même prison ? Ce film est d’une rare sobriété, à ne pas manquer.

Belles projections à tous

Frédérique

ÉDITO DE LA SEMAINE DU 16 AU 22 JUILLET

« Une manifestation de la liberté.
C’est toujours un danger pour ceux qui cherchent à exercer leur contrôle. »
Ken Loach (à propos de la danse et de la musique dans Jimmy’s hall).

Jimmy’s hall, dernier film de Ken Loach, nous conte l’histoire de Jimmy qui retrouve son Irlande natale après 10 ans passés en exil aux États-Unis. Souhaitant rouvrir un « hall », à la fois dancing, bibliothèque et lieu de réflexion, il se heurte aux notables locaux, gens d’Église et politiciens qui voient d’un mauvais œil l’ouverture d’un lieu d’amusement où se développent des idées progressistes.

Les poings contre les murs, de David Mackenzie, nous ouvre les portes d’un univers carcéral où un jeune délinquant violent retrouve son père qui a passé une grande partie de sa vie derrière les barreaux.

L’île de Giovanni, de Mizuho Nishikubo (mention du jury au festival d’Annecy), est un film d’animation bouleversant mais aussi un mélodrame féerique sur un épisode peu connu de l’histoire du Japon à la fin de la seconde guerre mondiale, quand des troupes soviétiques ainsi que leurs familles occupèrent l’île de Shikotan au nord de l’archipel nippon.

Black Coal, de Diao Yinan (Ours d’or au festival de Berlin), est un polar envoûtant, histoire d’un flic qui reprend du service quand de nouveaux crimes apparaissent cinq ans après, tous liés à une même femme mystérieuse. Un univers noir dans une Mandchourie traversée par un froid glacial.

Que le cinéma vous mette en joie !!!

Belles projections à tous
Frédérique

ÉDITO DE LA SEMAINE DU 9 AU 15 JUILLET

« L’indécision, la lâcheté, la traîtrise, la soumission aux normes sociales… Autant de faiblesses causées par la passivité et la négativité du cœur humain. Elles peuvent assombrir l’esprit de chacun, mais être aussi une source d’humanité ».
Diao Yinan

Ce sont les vacances pour beaucoup d’entre nous et l’occasion de se laisser aller, de se faire une toile et de belles découvertes cinématographiques. Cette semaine, deux nouveaux films au programme.

Black Coal de Diao Yinan, est un polar envoûtant dans lequel un policier chinois reprend une enquête, abandonnée cinq ans auparavant, à la suite de la redécouverte de corps démantelés. Ours d’or au festival de Berlin, ce film est aussi une métaphore sur la situation de la classe ouvrière chinoise.

L’île de Giovanni de Mizuho Nishikubo (pour adultes et adolescents, à partir de 9ans), est un film d’animation bouleversant, mention du jury au festival d’ Annecy, qui nous conte l’histoire de la cohabitation entre les habitants de l’île Shikotan et les familles de soldats soviétiques après l’annexion de l’île par l’URSS à la suite de la capitulation japonaise en 1945.

Enfin, pour quelques séances encore :

Bird People de Pascale Ferran magnifique film empreint de poésie, sur deux personnages qui décrochent à leur manière d’une vie qui les ennuie.

Au fil d’Ariane de Robert Guédiguian, fantaisie pétillante de bonne humeur dans laquelle on retrouve des petites gens de rien.

Xénia de P.H Koutros, un beau film sur l’hospitalité et des adolescents en quête d’identité dans une société grecque malmenée par la crise.

Le procès de Viviane Amsalem de R. et S. Elkabetz est un huis clos sur le divorce, dans une société israélienne particulièrement archaïque.

Belles projections à tous
Frédérique